Le Comité des martyrs à l’école de gendarmerie de tulle

le Comité des martyrs en conférence à l’école de la gendarmerie de Tulle

Le Président Roland GONIEAU et Gilles CHAVANT responsable des conférences et animations pédagogiques du Comité des Martyrs intervenaient ce samedi 29 novembre 2025 à l’École de Gendarmerie de Tulle, devant un nombre important d’élèves gendarmes, proposant une conférence sur le thème de: « Juin 1944 – La traversée sanglante de la division Das Reich ».

Les origines de l’école de la gendarmerie de tulle

Mais avant de décrire et de synthétiser le contenu de cette conférence, il nous semble particulièrement opportun de mieux connaitre l’histoire de l’infrastructure militaire qui nous accueille.
En effet, il faut savoir que l’École de Gendarmerie de Tulle (Photo 1) est aujourd’hui l’un des principaux centres français de formation des gendarmes adjoints volontaires et des sous-officiers. Son histoire s’étend sur près d’un siècle et reflète l’évolution des besoins militaires et de sécurité intérieure.
Les origines du site remontent aux années 1920, lorsque Tulle devient une importante place militaire. En 1924 y est créée l’École Militaire Préparatoire Technique (EMPT) (Photo 2-3-4), destinée à la formation des « enfants de troupe ».(Photo 5-6-7) Pendant plus de quarante ans, cette institution structure la vie du quartier avant de fermer en 1967. Le site accueille ensuite une antenne de l’École Nationale Technique des Sous-Officiers d’Active (ENTASOA).
En 1968, la caserne de La Bachellerie est construite sur un terrain acquis par l’État. Ce site moderne devient progressivement l’implantation principale des unités militaires de la ville. Au début des années 1980, la Gendarmerie nationale cherche un lieu pour former les gendarmes auxiliaires, encore issus du service national. Le 1ᵉʳ juin 1983, le Centre d’instruction des gendarmes auxiliaires (CIGA) est officiellement créé à Tulle. Après une installation provisoire dans la caserne Marbot, le centre est transféré à La Bachellerie et inauguré en décembre 1984.
À partir de 1989, d’importants travaux d’hébergement et d’équipement modernisent le site. En 1993, le CIGA devient École de gendarmerie de Tulle, marquant l’ancrage durable de la formation « gendarmique » dans la région. La professionnalisation des forces armées et l’arrêt du service national transforment l’école : en 1998, elle commence à former les gendarmes adjoints volontaires (GAV), qui remplacent les anciens gendarmes auxiliaires. L’établissement franchit une nouvelle étape en 2011, en accueillant pour la première fois des élèves sous-officiers de gendarmerie.


Une présentation dédiée pour l’école de la gendarmerie


Aujourd’hui, cette Ecole dirigée par le Général BROCHIER (Photo 8)et un encadrement de grande qualité, s’étend sur plus de 17 hectares et accueille chaque année plusieurs milliers de stagiaires. Héritière d’un riche passé militaire et tournée vers l’avenir, elle constitue un acteur essentiel de la formation des gendarmes français. (Photos 9 et 10). La conférence qui a été présentée comprend deux parties. La première concernant le contexte historique et le fanatisme et la folie meurtrière de la division Das Reich expliquée et développée par Gilles CHAVANT.
La deuxième partie, exposée par Roland GONIEAU concerne spécifiquement le Drame de Tulle.
En résumé, il faut donc savoir que:
– Adolf Hitler élu démocratiquement chancelier en 1933, plébiscité en 1934 portera le double titre de Führer et chancelier du 3e Reich jusqu’en 1945.
– Cherchant à provoquer les grandes puissances de l’Europe, l’Allemagne envahit la Pologne provoquant l’entrée en guerre de l’Angleterre et de la France le 3 septembre 1939 contre cette dernière. Après avoir rompu le pacte de non-agression avec la Russie, l’Allemagne lance l’invasion de l’URSS en 1941 et la Russie entre en guerre contre le Troisième Reich.
-En un mois et demi, l’Allemagne gagne la guerre contre la France en 1940 qui signe l’armistice le 22 juin 1940 avec le Maréchal Pétain, chef du gouvernement français, basé à Vichy, alors que le Général de Gaulle lance le 18 juin 1940 son appel depuis Londres sur la BBC.
– La France est totalement occupée le 11 novembre 1942 par le régime Nazi.
– Heinrich Himmler, bras droit d’Hitler et n° 2 du régime, dirige une des plus meurtrière organisation du régime national-socialiste, la Schutzstaffel plus communément appelée « Waffen SS », qui devient une machine d’extermination des populations et des juifs en particulièr par la création des camps d’extermination.
– En France avec l’apparition du Service du Travail Obligatoire (STO) de nombreux français se refuse d’y aller et nombreux sont ceux qui rejoignent les groupes de la Résistance partagés entre l’Armée Secrète « Gaulliste » et les Francs-Tireurs Partisans « communistes ».
– Cette Résistance au fur et à mesure se structure, reçoit de l’armement plus performant et multiplie les missions de sabotage, de combats armés, de renseignements aux Alliés….
-Lors de son arrivée en France en provenance du Front de l’Est en février 1944, la division Das Reich, sous les ordres du Général SS Heinz Bernhard Lammerding, spécialiste de la répression établit ses cantonnements dans la région de Montauban., afin de se reconstituer en hommes et en armements
– Dès le mois de mai, cette division sème la terreur, procédant à de cruelles représailles parmi les populations du grand Sud Ouest de la France, criminalisant le maquis, les rendant ainsi responsables de la répression radicalisée s’abattant sur les habitants de cette région.
Cette division sera au paroxysme de la cruauté et de la barbarie durant les mois de mai et juin 1944, les conduisant, selon les ordres reçus en Limousin et plus particulièrement à Tulle en ces 8, 9 et 10 juin 1944, comme l’explique à son tour Roland GONIEAU :
– Le 8 juin, à 17 heures, TULLE préfecture de la Corrèze, dotée de deux usines d’armement et de munitions placées sous le contrôle de l’autorité allemande au service du 3ème Reich, au terme de combats qui ont duré deux jours, se trouve partiellement délivrée de l’occupant par les Francs-Tireurs et Partisans. (FTP)
– Ce même 8 juin vers 20 heures 30, sans doute informé des difficultés que connait la garnison allemande locale, un premier détachement, d’environ 1000 hommes, lourdement armés de la division DAS REICH, pénètre dans TULLE en faisant feu de toutes parts, hâtant ainsi le repli des derniers résistants.
Les éléments SS composant cette division quadrillent les principales voies d’accès, isolant la ville de tout contact extérieur.
– Le lendemain 9 juin, dès les premières lueurs du jour, les SS entreprennent une rafle monstre qui se poursuit jusqu’en fin de matinée.
C’est plus de 2500 hommes valides, de 18 à 60 ans, appréhendés le plus souvent chez eux ( rares sont ceux qui peuvent s’échapper ) qui sont acheminés sur la place de Souilhac face à la Manufacture d’Armes.
– De 9 heures jusqu’au milieu de l’après midi les otages sont répartis en plusieurs colonnes dans l’enceinte de la manufacture. Des interventions, des tractations, des transferts d’une colonne à l’autre se déroulent sous le regard intrigué et anxieux des otages.
– C’est à la suite de ce simulacre de tri arbitraire et injustifié que le Général Lammerding fait connaitre par voie d’affiche, à la population tulliste les représailles qu’il a décidé d’infliger à des innocents. L’exécution est immédiate, 99 civils âgés de 18 à 46 ans sont pendus aux réverbères, aux balcons des maisons des quartiers de Souilhac et de la Gare.
Mais cela ne suffit pas, dès le lendemain, 156 otages tullistes seront déportés dans les camps de concentration. 108 d’entre eux ne reviendront pas.
-La cruauté de la mise en scène est le propre de la barbarie, mais il fallait aussi aux barbares avilir les victimes, et à travers elles, tous les habitants de notre ville.

« Ne plus revivre cela, c’est faire de la mémoire un outil d’avenir. »

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